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Focus - Juin 2018
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Tintin et les Picaros, une histoire carnavalesque

Focus Carnaval

Arrivée en fanfare

Les tambours résonnent dans la brume, le son des trompettes remplace pour une fois le chant du coq, quant aux flûtes elles rassemblent les musiciens dans un sifflement harmonieux pareil à celui aux oiseaux. Les voilà ! Même si nous ne les apercevons pas encore, l’orchestre est bien présent, annonçant la troupe de gais lurons venus transmettre la bonne nouvelle : « Le printemps arrive ! »

Le plus beau carnaval du monde...

Que ce soit celui de Nice, de Binche ou de Rio, le carnaval symbolise le renouveau, la joie et rassemble de nombreuses foules déambulant au rythme de souriants cortèges. 

Et le père de Tintin dans tout ça ? Il est connu qu'il était un homme plutôt discret et réservé en public, préférant être l’observateur attentif d'un monde en pleine effervescence qu’un participant actif. Mais n’allez pas imaginer qu’il n’aimait pas s’amuser, que du contraire ! C’était également un bon vivant, mais uniquement dans la sphère privée, entouré de ses amis, sa famille et ses connaissances proches. 

Dans Tintin et les Picaros ( 1976 ), la séquence de l’irruption en plein coeur de la forêt santhéodorienne de Séraphin Lampion et de son groupe de Joyeux Turlurons est à mettre en rapport avec le propre vécu du dessinateur et la richesse de sa documentation en matière de références sur le folklore belge.

Confusion temporelle

Parfois, l'empressement de l’équipe des Studios Hergé à mener à bien une mission conduit à quelque bourde, vite corrigée par la suite. Ainsi, la première case de Tintin et les Picaros, présentait un anachronisme : on y découvrait un décor champêtre avec coquelicots et champs de blé sous un ciel bleu d’été, ce qui ne correspondait pas vraiment avec l’époque du récit, supposé débuter à la fin de l’hiver, à la période du carnaval ! Ce paysage sera évidemment modifié et ne changera plus d'aspect par la suite. Hergé y habille aussi pour la première fois Tintin d’un jeans et d’une veste fourrée. Sur son cyclomoteur, il parcourt le même trajet mais dans un paysage hivernal. Quelques oiseaux annoncent pourtant le retour du printemps...

Véritable imbroglio

Dans cette aventure, une nouvelle fois encore totalement différente des précédentes, Hergé et son ami Bob De Moor, collaborateur hors-pair des Studios Hergé, parviennent à insuffler au récit une ambiance carnavalesque. Du tribunal militaire à l’épisode du shopping, de la balade en ville au cœur de la forêt tropicale, tout semble être dessiné au rythme d’une samba endiablée. Un ensemble qui oscille entre mascarade et tragédie : la Castafiore emprisonnée et servant d’appât pour attirer Tintin et le capitaine Haddock, les Dupondt, parodiant le général de Gaulle, amenés à faire une grande citation : « San Théodoriens, je vous ai compris ! ». Séraphin Lampion entraînant avec lui ses joyeux Turlurons là où on les attendait le moins, Haddock et Tintin débutant l’aventure sur une profonde divergence d’opinion, avant de se retrouver réunis sous le même déguisement lors d’un défilé carnavalesque géant, que de péripéties et de situations à la limite de la farce !

Reflet d’une actualité

Sur une toile de fond politisée, dans le contexte d'un régime dictatorial, c’est avec cynisme que nous apparaissent ces individus prêts à tout pour s’emparer du pouvoir. On en rirait, si Hergé n’était là pour nous ouvrir les yeux sur une situation peu enviable. On côtoie du début à la fin la misère des favelas, quel que soit le système politique en place. L’image représentant la misère reste identique à quelques détails près, même après la prise de pouvoir du général Alcazar, ami de longue date de nos héros.  (p.11 de l’album Tintin et les Picaros).

Hergé ne juge pas, mais nous montre l’actualité d’une époque.  

Hergé à Numa Sadoul 1976 (Tintin et les Picaros) :

"A la suite des nombreuses critiques que l’on m’a faites, je viens de me rendre compte d’un fait troublant : Tintin n’est plus le maître des événements : il ne les dirige plus mais les subit. Et ça, je pense, c’est sûrement le reflet de ma philosophie actuelle : on a peu d’emprise sur l’existence, on croit en avoir mais c’est une illusion ! Et le Tintin d’aujourd’hui semble illustrer cette réflexion. Dans les premiers albums, Tintin était davantage un « agissant » ; il maîtrisait le jeu, décidant d’aller là ou de faire ceci. Alors que dans les Picaros, tout est subi, tout est le fait de hasards ou de manipulations extérieures…"